jeudi 1 octobre 2026

Rapport Gardèche mars à juillet 2026 

Après l'abandon de mon "Tunnel de Mine" comme l'appelle Jan (voir rapports 2025), retour fin février à la grotte Christine (ce n'est que la 106ème séance dans la cavité depuis 2023), et plus précisément au bout de celle-ci dans la courte galerie Eole d'où arrive le courant d'air qui parcourt la grotte. Il y a en fait trois arrivées d'air.  

La première, au ras du sol de la paroi à la sortie d'une impénétrable cheminée encombrée de petites pierres soudées entre elles par la calcite

La cheminée démarre derrière les stalactites.
Nul doute qu'en haut de cette cheminée, il doit y avoir une trémie ou une pente d'éboulis. Ce n'est donc pas là qu'il faut travailler.
La deuxième, à environ deux mètres à droite est au plafond d'une faille étroite de huit mètres de haut environ. Un trou en plafond de celle-ci laisse passer le courant d'air. Juste en dessous seules deux pierres pus grosse et semblables à celles de la première arrivée, laissent supposer qu'elles proviennent de la même trémie. Serait ce le bord de la trémie?
La troisième arrivée d'air provient en haut de la faille dont la suite continue en forte pente d'environ 45°, mais difficilement pénétrable.

La suite pentue d'où vient le courant d'air.
Dans cette pente après le petit coude à gauche, le sol et la paroi droite sont argileux. A priori, au bout de celle-ci, je devrai sortir en dehors de l'éventuelle trémie.

Pour avoir plus de confort je décaisse plus profondément le boyau argileux d'accès à la salle Eolia et la galerie Eole et amène suffisamment de bâches pour protéger les sols.



Pour m'éviter à chaque fois le transport du perfo, je le range dans deux sacs étanches gigognes. Je n'ai jamais constaté la moindre humidité à l'intérieur pendant les trois mois de stockage. Par contre les deux sacs utilisés sont très fin ! A ne pas accrocher ! Des sacs plus résistants sont à conseiller.

Pose de plusieurs barreaux dans la faille afin de pouvoir monter les six mètres sans corde et équipement puis agrandissement en haut de la sortie de celle-ci vers la suite pentue.

Là, commence l'agrandissement ! 
Paroi gauche:  saine à priori et rugueuse, mais il s'avère que 10 à 20cm derrière, une fine fissure fait perdre beaucoup d'effets aux pailles. Pire, je ne fais que l'élargir ou en former d'autres. L'utilisation du pied de biche est limitée par le manque de largeur et le risque de me trouver coincé sous le décrochage d'une grande plaque fait réfléchir.
Flèches vertes : fissures.

Paroi droite : c'est une coulée de calcite qui cache derrière un remplissage d'argile et pour conséquence réduit à zéro l'effet paille.
Flèche rouge : coulée de calcite.
Croix jaune :remplissage argileux.
Le pire, le courant d'air allant du fond vers la sortie de la cavité, emmène avec lui les gaz des quatre trous forés, ce qui m'oblige à opérer à 40 mètres, puis sortir de la grotte. Ce n'est donc pas gagné, car il n'est pas question dans notre secteur où les cavités sont très concrétionnées d'utiliser des méthodes plus percutantes, dont on a pu voir hélas les dégâts causés lors de leur utilisation peu scrupuleuse dans une cavité du secteur, mais aussi leurs conséquences futures.
Séance après séance, j'arrive malgré tout à progresser de quelques mètres. La suite est toujours aussi étroite, la paroi droite et le sol sont couverts d'argile en cours de calcification. Coincé entre les parois, j'arrive avec une petite hache en bout de bras (et oui, tout est bon) à débiter en tranches l'argile malléable de la paroi.

Je remplis alors quatre sachets plastiques que j'enfourne dans deux mini kits à descendre à la corde en bas de la faille, où un creux sans intérêt me permets de stocker l'argile en le tassant.
Avec une perche à selfie et un petit appareil photo, j'essaie d'évaluer la suite hyper étroite et argileuse à souhaits.
Vous avez dit : Argile ?

Au vu de ces "grands espaces", je sature ! Et fin mai après vingt séances j'abandonne le chantier. Je vais attendre la venue de Jan début juillet pour avoir son avis et peut-être me remotiver.
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Après ce nouvel abandon et pour ne pas s'encroûter, il faut se trouver un nouvel objectif. L'aven de la baume des Guêpes, où avec Jean Bernard Boulouis et Philippe Dubois en 2014, on avait commencé à le vider sur environ neuf mètres, ne demande qu'à être repris. 
L'entrée en 2014 après quelques premières séance.

Le site en 2017
C'est chose faite avec Thierry où un après-midi par semaine on creuse et remonte l'argile.
A la réouverture du chantier.
Après un bon nettoyage extérieur et pose d'une bâche dans le puits pour guider la remontée des bidons, mais aussi canaliser sous elle le décrochage d'éventuelles pierres, le chantier peut reprendre.
Nivellement autour de l'entrée.
En une dizaine d'années, l'aven a récupéré de la surface pas mal de pierres que l'on remonte en plusieurs séances. En 2017 en bas de la pente, la voûte d'une cloche était apparue sous la paroi. On commence à vider celle-ci, elle fera un abri où l'on pourra se tenir debout et  stocker un peu de matériel. Mais en décaissant l'argile sec qui la remplie, il s'avère que le sol part en pente vers la suite du puits.
Le haut de la cloche avant décaissement.
 Face à cette cloche le puits continue en s'élargissant sous paroi jusqu'à une petite cheminée. A ce stade entre la cloche et la cheminée, nous ne savons pas quelle direction va prendre le puits.
Flèche bleue : arrivée de la cheminée en bas de l'aven.

A l'extérieur, le tas d'argile remonté commence à prendre de l'ampleur.


La grande incertitude : quelle est la profondeur à creuser ?
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Comme il n'y aurait pas de spéléologie sans prospection, je ne déroge pas à la règle, d'autant que c'est autrement plus agréable de parcourir les bois plutôt que des cartes ou des vues Lidar. Au cours de celles-ci, je repère en plein bois deux légers creux parmi les feuilles (diamètre 40cm environ et profondeur 5cm). je suppose un double point d'absorption de l'eau.
Le premier creux.
Début de grattage.
Très vite un trou apparaît.
Et surprise : cela souffle !
Reste à suivre le trou et le courant d'air.

1,40m plus bas :

Une fois en bas, il faut alors suivre la voûte (ancienne baume enterrée?) d'où vient le courant d'air, d'autant plus froid qu'à l'extérieur la température marque des records.
A l'ombre en sous bois et le corps au frais, la canicule devient de la rigolade !
La voûte à réduire pour progresser.

En bout de voûte on arrive au dessus d'un puits rempli de pierres soudées entre elles et couvertes de choux fleurs. Vu le peu d'espace, les choux fleurs s'avèrent très désagréables ! Une nouvelle galère en prévision. 
Compte tenu de l'emplacement de la cavité, il sera vraisemblablement nécessaire de descendre d'un bonne dizaine de mètres pour atteindre d'hypothétiques galeries. N'est ce qu'un bouchon de pierres dans ce puits, mais sur combien de mètres ???
Flèche rouge : le départ du puits bouché.
L'entrée au bout en retour.

Début juillet à l'arrivée de Jan, je l'amène ici et force lui est de constater que cela risque d'être dur, dur! En attendant , il relève vite fait la topo :




Puis dans la foulée, direction la grotte Christine pour lui montrer la très belle galerie qu'il m'avait incitée à ouvrir et qui porte à juste raison son nom "GJS" (Galerie Jan Seikowski). Voir rapport Gardèche 3ème trimestre 2025.
La fin de la galerie GJS.

Puis direction la faille de la galerie Eole à la poursuite du courant d'air. Je le laisse monter et aller au bout de la pente argileuse. Là aussi il est dubitatif sur la suite à donner à cette désobstruction. La vie de désobeur spéléo n'est pas un long fleuve tranquille...
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Deux prospections avec Jan sur un secteur qu'il affectionne et nous tombons sur deux cavités qui ne sont pas des premières.
Un long et vaste couloir à caractère préhistorique :
Le couloir en retour vers l'entrée.  Deux points lumineux au fond de la lumière du jour.

En falaise, une sévère étroiture d'entrée donnant sur une salle imposante :

Jan en pleine topo.
 

Jan en escalade en fond de salle.

  
                          Equipement d'une vire                             Le puits
Hélas, les vacances de Jan sont toujours trop courtes pour multiplier les sorties.

Fin juillet : une paire de sorties pour aider Eddie dans la désob d'un boyau souffleur dans un aven.    

Participants : Thierry Gineste.
                      Jan Seikowski. (HFGK à Cuxhaven Allemagne).
                      Eddie Serre. (Groupe de Recherches & d'Etudes des Cavités du Luberon).
                      Le Gardèchti.