samedi 1 mai 2021

 Rapport Gardèche Août 2020 Février 2021

Grotte de Barjac. Réseau B. Magos

Durant cette période, avec Guido et Nicolas nous avons été évidemment pris par des séances de travail dans le nouveau réseau des Ymagiers (voir dernier SpéléoMag n°113 et liens ci contre).

D'autre part, nous avions trouvé il y a plusieurs années un trou souffleur laissé en réserve car trop occupés par les réseaux B. Magos puis des Ymagiers. Fin juillet nous entamons son ouverture. Laissé en attente en août, nous reprenons mi septembre et jusqu'à fin février y consacrons plus de trente séances. L'ouverture donne dans ce qui semble être un morceau de couloir (15 x 8m) au plafond effondré et deux trémies sur les côtés. Le sol de la galerie est composé d'argile et de pierres fortement calcitées et soudées, surtout au tombant du plafond.

Le couloir au sol encombré.
Le courant d'air est maintenant plus difficile à repérer car diffus. Nous le retrouvons dans une étroite fenêtre en hauteur. Après agrandissement aux pailles, nous débouchons dans une alcôve (7,50x6m) où le courant d'air se perd.
                       
       La fenêtre (haricot noir centre haut)                                                    Colonne - disque dans l'alcôve.

   
                                                                         

Nouvelle recherche et nous le repérons au bout du couloir.
Vers le bout du couloir.
Le plus significatif est un trou (taille du poing) en pente sur deux mètres qu'il nous faut élargir.
 
          Le trou devenu à taille humaine.                            Au fond, à gauche la suite du trou de départ.
En bas, nous arrivons sur un étroit méandre (l: 50 à 60cm et h: 1 à 1,5m) encombré de petits blocs calcités et soudés qu'il faut éliminer paille par paille (1/2 et 1/3 de pailles)
                
Travail en cours d'élimination à la paille des blocs marqués.              Après élimination
Nous progressons de cinq mètres. A l'extrémité petit ressaut et le méandre part sur la droite encore plus étroit. Difficulté de voir, mais le courant d'air semble venir du bas. Décourageant à poursuivre au vu des conditions de travail et pourtant le courant d'air léger est bien là.

Entre temps, Guido repère une autre arrivée d'air plus importante dans un trou gros comme le pouce entre des blocs vers le milieu de la salle. On s'y attaque pour changer d'horizon! Après ouverture descendante, on se trouve sur une légère pente style laminoir impénétrable pris entre le sol encombrée de pierres calcitées et le tombant du plafond.
 
               Où l'air filtrait entre les blocs.                                   La descente après ouverture
A la massette, aux mini pailles et à la perceuse, j'avance péniblement dans la légère pente centrale, tel une tranche de jambon qui essaie de se frayer un chemin entre deux tranches de pain sec et rugueux.😋 Ici, comme partout, les petites pierres au sol sont très calcitées et soudées au reste, quant au plafond, soit ce sont des lames étroites de calcite orientées dans le mauvais sens pour les percer soit de très gros blocs de roche non encore tombés et soudés aux pierres de la trémie au dessus !!!😕 Ce passage est très large mais très bas de plafond. Seul le courant d'air plus net nous fait persévérer...
 
Le passage impénétrable est la partie haute sombre.            La partie basse creusée pour passer. 
                 Côté gauche                                                                    Côté droit.

Nicolas, de son côté, repère une autre arrivée d'air de l'autre côté du couloir. Nouvel agrandissement, mais la suite toujours sous les blocs semble se diriger dans l'axe du premier méandre.

Après les trois tentatives côtés droit et gauche de la galerie et celle à une extrémité, il reste l'autre extrémité de la galerie où l'on a pas décelé de courant d'air. On tente un test: percer dans la paroi calcitée au bout de cette extrémité, avec l'espoir de percer un petit vide et peut être du courant d'air. On a peut être une chance sur dix, mais pourquoi pas ! Et surprise cela se vérifie. Après agrandissement de la coulée, on retrouve la voûte plongeante et un mètre plus loin, s'appuyant dessus: la trémie de droite. Guido et Nicolas creusent un couloir dans la trémie composée de pierres et d'argile légèrement calcitée, tout en longeant la voûte tombante sur quatre à cinq mètres de long.
 
         Agrandissement de l'entrée en cours                          Un mètre après: l'arrivée de la trémie 
Le couloir est creusé descendant. Au bout on semble atteindre une forme de sol et l'espace s'élargit. Pour l'instant on ne distingue pas la suite, mais il y a toujours de l'air ! Nous allons reprendre les travaux après le déconfinement.

Le problème de cette cavité vient du fait que le courant d'air circule dans le sol entre tous les blocs effondrés et peut donc sortir n'importe où. Reste à trouver son point d'arrivée ! A priori aux extrémités de la galerie, quoi que !

Pendant toute cette période les prospections sont rares.
Mi septembre, en bartassant dans les bois de Ronze de Barjac, je tombe sur un petit aven en plein lapiaz dégagé et ouvert semble t'il récemment, vraisemblablement par le club d'Orgnac (il s'agirait de l'aven de la Ferraille?), puis en chemin, je repère une dépression de belle taille en cours de travaux. J'apprendrai en mars que c'est une trouvaille de Papy du club d'Orgnac. Une grosse désob y sera effectuée par eux, ouvrant un puits malheureusement à CO2 et bouché. C'est hélas, le problème du secteur.

Début décembre, suite à une chute de neige, je profite d'aller relever la température de quelques bouches.
Le Gard sous le soleil et la neige
Ne pas secouer les branches
Bouche chaude dans la neige !
C'est ainsi que près de la dernière mesure je repère une légère dépression (diamètre 3m, profondeur 0,5m), peu visible du fait de la végétation dedans. 
 
                                                    Dans la dépression, ouvertures sous le bord.
Je reviens quinze jours après et trouve tout près un autre départ. Je ne suis pas le premier, car quelques pierres ont été enlevées, mais il y a très longtemps au vu de leur couleur.
Le départ est sous les pierres moussues
Dans le coin gauche les pierres extraites ik y a longtemps.
Fin décembre, nous ouvrons d'abord ce second départ et passons sous la dalle, mais nous l'abandonnons car trop bouché. 

Nous nous reportons alors sur la dépression. Décaissement et élargissement d'un passage sous la paroi d'un des côtés.
 
                      L'ouverture se dévoile.                                                  Un espace s'ouvre.
Guido, qui est au front de taille, commence à dégager sur la gauche une pente argileuse.

Le départ de la pente avec un bloc au milieu à éliminer
La pente donnera sur un petit couloir très concrétionné de colonnettes côté droit. On n'y sent hélas pas vraiment de courant d'air significatif. La continuation vers l'aval entre toutes les colonnettes est aléatoire.
 
                      La pente d'accès.                                                   Accès au côté droit concrétionné.
 Une suite vers l'amont en haut de la pente semble trop bouchée. On laisse en attente. 




Fin février, une prospection l'après midi m'amène sur quelques départs.
Un premier affleurement de voûte ... Il y a d'autres priorités... Peur être un jour si je le retrouve !
En fin de prospection, je tombe sur trois mini départs, puis un plus intéressant.
Ce dernier est parcouru par un bon courant d'air.
L'entrée.
         L'entrée.
Ca souffle !
Décaissement de l'entrée donnant sur une étroiture puis un étroit méandre de quatre mètres environ. A priori, quelqu'un y est déjà entré il y a un certain nombre d'années mais n'a pas insisté. C'est ce que je fais moi même à la vitesse grand V, peut être pour la même raison, quand je vois sauter sur le sol une quantité de puces (gîte à renard) !😹 J'en ressort couvert ! Deux jours après, j'y retourne en mission spéciale "anti puces".
Lucky Puce: l'homme qui éradique plus vite que son ombre.
Puis, deux séances avant le confinement pour élargir le méandre, qui continue plus étroit.
                    
     Le méandre en cours d'élargissement                                       La suite en hauteur et plus étroite.


Le courant d'air est toujours assez fort, mais change plusieurs fois de sens en cours de journée. Y aurait il une seconde entrée bien possible que je n'ai pas encore repéré malgré mes recherches autour ?

Participants: Guido Goossens, Nicolas Richardeau.
Remerciements à Serge Caillault, à Daniel Penez et ses équipiers du club spéléo "Ragaïe" qui nous aident dans la diffusion des vues de la Grotte de Barjac.

Le Gardèchti.

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Réseau Bernard Magos  &  Réseau des Ymagiers

Comme indiqué ci-dessus, de nombreuses séances nous y occupent.
Un article d'une page du Midi Libre (édition Alès du 18 avril) y est consacré et une interview au "12-13" de FR3 Région Occitanie du 26 avril permettent de lever au plus grand nombre un pan du voile cachant ces merveilles à protéger dans l'intérêt de tous. 
Vous pouvez désormais consulter le double site Réseau B. Magos et des Ymagiers par le lien ci-contre.
En complément et pour toujours plus informer, voici de nouvelles photos amateurs de détails que le photographe professionnel ne peut pas toujours saisir et atteindre  avec son matériel plus conséquent sans risque de casse.
Il s'agit ici encore uniquement du réseau B. Magos et d'une sélection de photos axées sur les nombreux gours.



Moonmilk rongeant l'ilot.
Cassures anciennes soudées au sol


Long gour à plusieurs étages.
Gour garni de très nombreuses massues centrales ou contre parois.
Au centre et à droite: deux et trois massues massives.
A gauche, une massue complètement enrobée d'un tube.
Juste devant: la même qui s'est détachée en brisant son tube et dévoilant la massue.





Massue de 1,65m de haut



Le gour bleu !
Clin d'oeil  au Grand Bleu du SCA.
Le Gour bleu sans eau (mai 2021)

Petit gour (40x60) actif.
Disque, massues, chandelier excentriques...




Coeur massif suspendu au dessus du gour.

Petite fontaine et bassins.



Le gour noir (racines)
Gour ou mangrove ?
Gour en escalier.
Dans la galerie du Taureau.


Gour sous plancher.

Le gour aux baguettes.








Le genre de gour qu'il faut obligatoirement traverser...
Le gour Miko.
Le gour-puits (profondeur 8m) et ses toupies.
Coupelles sur fond de scalénoïdes.
Aiguilles sur courtes massues.

Champ boréal de micro coupelles, dents de cochon et triangles.

Vagues de gour.
Glacis.

Les mignardises

Gour alpin.
Le long gour des jumeaux.