jeudi 21 décembre 2023

 Rapport Gardèche 2d semestre 2023

Nouvelle cavité

Grotte Christine.

Courant avril, j'avais trouvé près d'un petit puits où je travaillais et que j'allais abandonner par la suite, une petite fente (5x15cm) qui soufflait entre des blocs enchassés dans le sol. Je me décide enfin à l'ouvrir au cours de ce second semestre.




Après quelques séances pied de biche et massette, une voûte se dévoile.

Puis ensuite un couloir.


A droite, un ressaut (R1) semble donner sur une autre galerie sous jacente, 3 mètres plus bas
Le couloir continue (hauteur inférieure à 2m).

Nouveau ressaut (R2) à droite sous les draperies.

En face paroi gauche, une montée dans les blocs mène à une galerie ("Galerie des Trémies") parallèle au couloir.                                                                                                                                                      

Elle est coupée au milieu par le bas d'une trémie qu'il me faudra dégager en partie pour passer derrière.
Le trou noir au centre: le passage vers la seconde partie de la galerie.

Cette galerie par deux laminoirs encombrés de pierres et d'argile rejoint plus loin le couloir principal.
La galerie est bien concrétionnée.
Première partie de la galerie:


Trémie calcitée effondrée.

Seconde partie de la galerie, on s'y déplace à quatre pattes sur les blocs calcités:



Retour dans le couloir. Par une zone basse de dalles effondrées et calcitées:
on débouche alors dans une salle (9x12m). La "Salle Gaïa". 
Tour de salle :
Côté sud. Arrivée du couloir principal (par le trou noir au centre gauche)

Côté sud, sud-ouest. Escalade sur coulée menant à une diaclase grasse.

Côté nord-ouest, nord. Entrée du couloir nord.

Côté nord-est. Entrée du couloir nord-est.

Côté est. Arrivée de la galerie sous jacente.

Le couloir principal, la galerie sous jacente et la galerie des trémies sont parallèles. La salle forme la jonction de celles ci.

Retour sous le premier ressaut (R1) dans la galerie sous jacente.
En haut au centre le rubalise dans le couloir principal à l'entrée.
On est à l'extrémité de cette galerie qui forme ici une salle. 

Elle prend ensuite une forme voûtée, comme le couloir principal au dessus. Par ses formes tout au long vers la salle Gaïa, cette galerie est un copier coller du couloir principal.

Le second ressaut (R2) débouche dans cette partie.
L'arrivée du R2 au dessus des blocs. A sa gauche: un boyau parmi d'autres, plongeant entre des blocs    plus ou moins stables.

Dès le début, j'ai installé des rubalises provisoires avant un balisage avec cordelettes pour protéger les sols en canalisant ainsi mes déplacements sur des axes fixes et réduits.

Une des caractéristique de la cavité est la multitude de petits boyaux et cheminées plus ou moins pénétrables qui parsèment les hauts de parois et les plafonds ainsi que les nombreux boyaux plongeants et encombrés de blocs au pied des parois. Mais hélas qui se terminent au bout de quelques mètres. Il faut arriver à la salle Gaïa pour voir leur développement plus conséquent.

Face au ressaut R2, une galerie basse ; la "Galerie de la Sablière" 

A sa droite en entrant un laminoir gour blanc impénétrable. Heureusement !
Cette galerie se poursuit jusqu'à une étroiture décompressante suivi d'une niche concrétionnée et d'un mini puits de contorsionniste.

Suite de la galerie sous jacente jusqu'à un croisement.
Elle continue tout droit vers la salle Gaïa. A droite zone sombre: la "galerie Cul de Sac" qui s'avèrera ne pas l'être par la suite.
On entre dans cette galerie de droite en longeant la paroi droite. Le côté gauche est une pente argileuse qui monte jusqu'au plafond. Ce dernier parsemé de belles lames et d'arrivées de conduites diverses toujours grasses.
Cette galerie se dirige aussi vers la salle Gaïa sans y déboucher. A son extrémité, une remontée sur de l'argile en provenance de deux laminoirs. De celui de droite, une arrivée d'air m'incitera à creuser celui ci jusqu'au  point "Z": future jonction.

Retour au croisement de l'entrée de cette galerie (voir 3 photos ci dessus). On se dirige alors tout droit vers la salle Gaïa. Cette partie, comme dans le couloir principal juste au dessus à gauche à ce niveau, est légèrement pentue Ouest > Est avec des dalles et plancher effondré. On y progresse également à quatre pattes ou en partie allongé.
Nous arrivons alors à la Salle Gaïa.

Salle Gaïa.

- La diaclase indiquée côté sud, sud-ouest de la salle est argileuse et grasse dans la première partie.
On progresse en oppo vers le sud.
Cette diaclase nous mène sur un puits de 8m vers un couloir donnant sur deux soutirages.


En remontant dans les plafonds, un dédale de petits conduits argileux et concrétionnés.


- Couloir nord de la salle. Il débute par un très beau gour blanc et sec sur toute sa largeur nécessitant de se déchausser

Il se poursuit en pente argileuse avec plusieurs cheminées et boyaux de soutirage courts.

Il débouche enfin sur une large cheminée verticale de 8m escalée par Nicolas et Guido venus mi novembre me donner un coup de main.

En haut à droite, un boyau argileux et gras horizontal :
Qui nous mène alors sur deux puits parallèles d'accès toujours gras et qui se rejoignent.

On emprunte alors le second :

En bas, dans un creux le seul bassin rempli d'eau de la cavité. A l'opposé, un passage bas nous mène dans une suite très concrétionnée de deux salles: salles du "Bénitier" et de la "Chapelle".                          En conséquence ici en bas du puits et après avoir passé le boyau gras argileux, il est bien nécessaire de se changer. Il faut donc impérativement apporter une seconde combinaison et chausses propres avant de passer le passage bas.
Côté gauche: le sale. Côté droit le propre.

Salle du "Bénitier":


Le Bénitier.


Salle de la "Chapelle":
L' entrée.

Dans le plafond, les stalactites s'alignent et se croisent telle une aurore boréale laiteuse de cristaux de porcelaine.


Une suite laminoir impénétrable semble possible après les concrétions.
Hélas sans résultat: une simple niche, arrivée de cheminée complètement obstruée par le concrétionnement


Descente en retour de cette suite espérée.

Quelques photos de sujets intéressants de ces deux salles:


                                                        


- Couloir nord-est.
Il perd de suite son volume de départ car un large ressaut à droite donne sur un bas circulaire de 5m environ d'une cheminée de 8m de haut.
Le ressaut au fond à droite au niveau de l'étiquette blanche.

Bas du ressaut. A droite suite grasse.

De ce bas part part une zone grasse qui se rétrécit rapidement en un boyau sinueux, en montagne russe au grès des remplissages d'argile qu'il faut grimper, agrandir pour replonger la tête en avant jusqu'à un rétrécissement qu'on n'est pas tenté à forcer.
La cheminée de 8m fera jonction avec le point "Z" au fond de la galerie Cul de Sac. Cela m'évitera une escalade !

En revenant au ressaut de ce couloir, celui ci continue en se rétrécissant en un boyau terminal trop étroit pour y travailler.

-les plafonds autour de la salle Gaïa.
Sur la moitié de la salle (du sud-ouest au nord-est) se développent de nombreuses courtes cheminées et escalades se poursuivant par un dédale de boyaux, petites galeries et laminoirs au sol et aux parois couverts d'argile ("Lo dedale de la fanga"). Hélas, le piétinement de ces sols ne peut à la longue que les transformer en bourbier et ses conséquences sur le concrétionnement environnant et de toute la cavité.
Quand on se doit de :"Respecter et protéger le milieu souterrain", il faut savoir dire "stop" même si cela dérange.

Haut d'escalade typique avec ici six départs de boyaux et leur argile.

Idem: conduite grasse.

Certaines de ces galeries grasses où l'on progresse à quatre pattes ou allongé donnent sur des plafonds super chargés de stalactites!!!

Et débouchent sur un barrage de concrétions toujours intact.

Et à garder dans l'état.


A fin décembre, et de nombreuses séances dans la cavité : découvertes, désobstructions de boyaux argileux et surtout topographie (seul, c'est un peu plus long d'autant que j'aime les détails...) Hélas le Disto s'étant déréglé et ne l'ayant plus à disposition en ce moment, je ne peux vérifier certaines mesures et finaliser la topo levée à ce jour. Il restera à relever 150 à 200m de boyaux divers généralement gras. C'est malheureusement le genre de cavité qu'on condamne si on laisse accessible.

Le Gardèchti. 















































































































jeudi 1 juin 2023

 Rapport Gardèche 1er trimestre 2023

Dernières photos Réseau Bernard Magos.


Avant de terminer l'année 2022: trois nouvelles sorties.

Lundi 26 décembre, parti pour déséquiper la C30 dans l'ANB11, je me rends compte d'avoir oublié la clé de 13. Compte tenu que l'équipement est en place depuis un an, les moustifs doivent être bloqués. Du coup, je me rabats sur une petite prospection dans ce secteur et je tombe sur une dépression d'environ 5m de diamètre emplie de ronces et trous de blaireaux (ce sera l'ANB14). En fait un ancien aven bouché, perte d'une petite combe. A revoir.



Mercredi 28, je retourne enlever la C30. puis prospecte autour pour trouver un petit départ au pied d'un banc de roches (ANB15).
Après dégagement des blocs obstruant l'entrée, je passe l'étroiture, suivie d'une mini cloche avec une fenêtre à gauche et petit ressaut étroit,
pour arriver dans une mini salle concrétionnée; hélas sans suite évidente ni courant d'air.
Un de ces nombreux trous qu'on referme et laisse à la nature. Ce que l'on devrait faire plus souvent.

Vendredi 30, retour au Réseau B. Magos pour finaliser des bouts de topo dans deux zones étroites et plus complexes.
--------------------------------

Année 2023.

Deux courtes sorties en ce début d'année dans le Réseau B. Magos pour topographier un boyau étroit qui plonge au départ à plus de 30° en laminoir-compresseur entre les colonnettes. Je m'y étais engagé en 2018 sans aller au fond car la pente s'accentue et peut se transformer en piège la tête en bas. Cette fois ci, je n'ai même pas osé franchir le passage le plus étroit !!! (Je vieillis !😠). Le Disto se contentera de me donner une longueur partielle. A l'avenir visualiser plus loin avec une perche.
La pente démarre au fond à droite de l'étiquette rectangle de 11cm.
Attention de ne rien laisser glisser, surtout le casque !

Je profite d'une de ces séances pour faire quelques photos d'ensemble dans le réseau.           Cela me change des photos de détails que j'ai l'habitude de faire.                                               A la différence du photographe qui a des assistants pour tenir les éclairages à différents endroits et leur faire à la voix régler ceux ci jusqu'à obtenir la meilleure photo. Quand on est seul, on ne peut X fois aller les régler, car c'est chaque fois s'aventurer entre les concrétions avec les risques de casse. En conséquence je m'en abstiens et ne fait qu'une fois la photo, tant pis si il y a des zones surexposées ou trop sombres. Elles pourront toujours être refaites si le photographe pro le décide. Pour mes éclairages, j'utilise que de simples frontales Led.
A vous de juger. iI y a encore à apprendre, mais bon .......... !
















-------------------------------


En janvier, nouvelle séance dans notre trou souffleur qui nous balade dans ses trémies et sous le  plancher effondré à la recherche du courant d'air perdu et donc de la suite. Ce n'est pas "à la recherche du temps perdu", mais c'est tout comme. 
Désob entre paroi et trémie.
Blocs coincés et soudés à éliminer
Et un stockage de plus en plus envahissant dans la salle d'entrée.
Participants: Guido Goossens, Nicolas Richardeau.
------------------------------

En février 2020, j'avais repéré un trou que j'avais commencé à ouvrir (voir rapport 2020).
Début avril de la même année, j'y étais retourné et commencé à dégager pour pouvoir me glisser dans le boyau qui suit. Boyau de 8m de long environ sur 15 à 20cm de haut. Au bout ce dernier pente à droite en suivant la voûte. Vers 12h30, je ressort déjeuner et 20 minutes après y redescend. Je dois ressortir aussi vite: le CO2 étant monté rapidement et fortement, impossible d'allumer le briquet !!! D'où vient-il ?
Trois ans après, je le reprends.
La motivation est double:
- La forte et rapide montée de CO2 prouve vraisemblablement la présence d'un volume quelque part.
- La ressemblance du départ avec celui de la grotte des Fontaines où Jean Bernard avait tant travaillé et ouvert une bonne cavité laisse espérer un résultat similaire, sauf qu'ici la suite n'est pas visible et le courant d'air faible (en contradiction avec la montée en CO2).
L'entrée présente une forme de voûte qui se prolonge dans le boyau. Il me faut désormais creuser tant le fond de l'entrée 


que le sol du boyau:
et enfin la pente  au bout à droite où il faut descendre.


C'est là que je comprends pourquoi Jean Bernard agrandissait si largement ses boyaux. En effet, sortir des gamates de gravats, c'est autre chose qu'un simple ramping de spéléo-touriste. C'est ainsi que de mi janvier à fin mars, j'y consacre 19 séances à sortir plus de 570 seaux à 9 kilos mini par seaux, soit plus de cinq tonnes de terre et de pierres. Je dois être malade! En tout cas ce comptage me fait penser souvent à J.B. Ah! S'il était encore là.
Bon, désormais l'entrée, le boyau et la pente sont confortables comme il aurait aimé.

Hélas, vers le fond malgré du concrétionnement,
la suite n'est pas visible
et vers où ?
A ce stade, je suis perplexe. Soit je suis face à la paroi d'un côté de la galerie d'origine, soit je suis dans l'axe de celle ci et donc de la pente de la voûte. Mais c'est vraiment bouché au sol de partout.
Je vais devoir attendre une période où les échanges gazeux intérieur-extérieur sont plus importants dans l'espoir, peut être, de trouver la suite.
Le calcaire est ici très blanc (à priori du barrémien, bédoulien? tendre, poreux et parfois humide).
Mais on trouve aussi des formations calcaires moins courantes:
certaines font penser  à la pierre ponce, tuf ou corallien ? Ou dépôts successifs de fines plaquettes de calcite?
            
une autre aux plaquettes style Rose des Sables !

---------------------------------
Mi mars, on reprend une séance film dans une grotte ardéchoise fermée à caractère préhistorique.
                                                                     Photo Bernard Couderc.
Très belle poterie en place.                    Photo Bernard Couderc.
Détails

Coupelle retournée au sol.                        Photo Bernard Couderc.

Participants: Daniel Penez, Claudine & Bernard Couderc, Claude Braize, Guido Goossens et Nicolas Richardeau.
---------------------------------

Quelques prospections et balades (Cotepatière, Sauvas...). Descente à l'aven du Garel sur Labastide pour récupérer du matériel laissé depuis 2012, et où avec Jean Bernard, on avait doublé la profondeur. A noter l'absence totale de CO2 alors que je l'ai connu fortement gazé jusqu'à son ouverture.

Le Gardèchti.