jeudi 9 avril 2026

 Rapport Gardèche 11/2025 à 02/2026

L'arrivée du CO2 mi septembre dans les cavités du secteur m'avait contraint à une pause! Ce n'est que vers fin novembre que la situation est redevenue normale.

Je reprends alors les travaux au fond de mon "Tunnel de Mine" comme l'appelle mon coéquipier Jan, en fait une perte étroite (voir rapport précédent). Ayant gagné 13 mètres, et parvenu au bord d'un ressaut impénétrable de plusieurs mètres, je ne vais pas abandonner d'autant qu'il y a toujours un petit courant d'air pénétrant. Il me faudra 16 séances toujours en solo jusque mi février pour enfin pouvoir descendre ce ressaut de cinq mètres.

Bout du "tunnel" : zone gris clair au centre : la paroi à creuser sur environ 1m

Après nettoyage. Zone marron en fond gauche: traces de remplissage d'argile de la faille.

Le chantier vu de la pente vers le fond.

La fente apparaît, au dessus quelques stalactites que j'arriverai à protéger malgré les pailles.

La faille. Bâche noire de protection des stalactites.

Genre de gros blocs à remonter en plus des seaux.

Vue de la pente à 45° en retour. Point blanc en haut = lumière du jour visible du fond

La faille - ressaut enfin ouverte. Accès par la flèche rouge.
La descente entre les strates et ce malgré les pailles reste étroite ! En bas, chaos de gravats lié à l'élargissement du ressaut. 
Bas du ressaut en retour.

La suite de la faille avec fond plat. Flèche jaune : coquille d'escargots. Flèche rouge : la suite impénétrable.
En fait, dans le bas du ressaut, les strates n'apparaissent plus. En effet un mètre après le ressaut une cheminée (ancien aven étroit) a d'une part dû remplir le fond de la faille et d'autre part un écoulement conséquent a recouvert de calcite les strates des parois.

La cheminée (désolé, la photo n'est pas terrible).

Seul, la poursuite des travaux dans ce fond étroit sans possibilité de stockage devient impossible et ce malgré la tentation de suivre le courant d'air.
Dans cette désobstruction, mon espoir était le croisement de la faille avec une autre perpendiculaire qui aurait pu générer un puits. Compte tenu de l'altitude de cette perte à environ 150m plus haut que des entrées comme le Jessie ou le Nielou, un accès aux réseaux du Cruzières aurait été intéressant. On peut s'illusionner ! Hélas cette cheminée a mis fin au rêve. On ne gagne pas à tous les coups... 
Bilan : 71 séances, plus de 600 seaux remontés soit près de 7,5 tonnes de gravats et je ne compte pas les pailles. Quand on aime, on ne compte pas ! 

Après cet abandon forcé, je reprends une nouvelle désobstruction au fond de la grotte Christine à la poursuite de l'arrivée du courant d'air qui parcourt la cavité. 
Là non plus ce ne sera pas une sinécure en haut d'une diaclase étroite, suivie d'un boyau en pente et tout aussi étroit d'où arrive ce courant d'air. Après, je ne vois pas pour l'instant la configuration. 
Ad Augusta Per Angusta.

Le Gardèchti.